Écrit par: Marc Schaack & Olivier Nosbaum
Traduit de l'allemand par : Fernand Rasquin

 

Transformation frauduleuse

d‘un no 24 (Naumann 1 Franc) en un no 22 (Naumann 37½)

Conseils pour la détection à l’aide d’un exemple

Le catalogue Prifix de la Banque du Timbre avertissait encore dans sa dernière édition (2009) du traitement chimique du no 25 « afin d’enlever la surcharge pour fabriquer un no 22 ». On peut trouver de ces pièces en des lots de collections ou en des ventes aux enchères. Ce sont surtout des timbres estampillés qui sont visés, parce que la différence de prix y est plus importante et que le 37½ centimes est nettement plus rare que le 1 Franc. Rien d’étonnant donc qu’un timbre pareillement manipulé ait fait son apparition dans une vieille collection [1] récemment liquidée. D’autant plus étonnant que ce timbre soit accompagné d’une expertise BPP qui en garantit l’authenticité.

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Fig. 1 : Timbre servant d’exemple avec le cachet « Noerdange » en bleu Provenance de la collection Simonis

 

Par la suite nous nous proposons de montrer quelques aspects permettant de reconnaître facilement une manipulation, même en l’absence d’un important matériel de comparaison.

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Fig. 2 : Certificat BPP confirmant l’authenticité du timbre

Traduction du texte allemand :

Le timbre et l’oblitération sont authentiques. Le coin supérieur droit  présente deux traces de pli, les autres coins sont quelque peu touchés ; l’oblitération perce par endroits le papier; le timbre a un pli de papier naturel.

Cachet : NOERDANGE …/12/86 (bleu) – Emploi tardif dans un petit bureau des postes. Sans signature.

 

Comment juger un timbre pareil

L’examen est en somme facile si l’on tient compte des aspects suivants :

1) La date du cachet

Comme les restes du timbre à 37½ centimes furent surchargés UN FRANC en 1872 et édités le 28.10.1872 [2], on devrait être méfiant envers tous les timbres à 37½ centimes oblitérés à partir de 1873.

Notre exemple : Il faut lire: …/12/ 80 (et non 86) de l’agence à paquets (et non pas : bureau des postes) de Noerdange. L’agence de Noerdange ouvrit le 1er août 1880. [4]

L’explication du certificat « Emploi tardif dans un petit bureau des postes » donne peu de sens. Comme les restants du timbre à 37½ centimes furent surchargés en 1872 déjà, il nous semble impensable que le magasin du timbre de la poste ait pu livrer à Noerdange un timbre

qu’il ne détenait plus depuis 8 ans. Et qu’une personne privée ou une firme ait pu conserver à cette époque une valeur aussi élevée chez soi pendant une période de 8 et respectivement de 14 années [5] est à peine imaginable. Rien que ces considérations rendent pratiquement impossible l’authenticité du timbre.

2) Restes de couleur de la surcharge

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Fig. 3 : Vue de détail avec restes de couleur et rugosités du papier

 

Souvent la surcharge n’a pu être effacée complètement. Des restes de la surcharge sont parfois reconnaissables sous la loupe voire à l’oeil nu, en règle générale sur l’inscription 37½ et rarement en-dessous.

Notre exemple : On peut reconnaître des restes de la surcharge sous forme de petits points noirs

3) Rugosi du papier

A la suite du grattage de la surcharge le papier est rugueux par endroits, la couleur du timbre présente des blancs à cet endroit.

Notre exemple : Rugosité et blancs au-dessus de l’inscription « 37½ - centimes - 37½ ».

4) Couleur

La couleur originale du timbre est jaune brunâtre. Il existe des nuances plus claires et plus foncées. Si la couleur diffère de ces nuances, elle est au moins suspecte. Elle peut être oxydée à la suite d’un mauvais stockage ; mais la plupart des timbres manipulés qui nous sont connus ne présentent pas d’oxydation.

Notre exemple : La couleur est brun foncé, une nuance n’existant pas à l’origine pour ce timbre. Au bord gauche et en d’autres petits endroits la couleur originale transparaît encore.

Conclusion

Nous espérons que les repaires que nous venons de décrire aideront les collectionneurs à se préserver envers des falsifications semblables. En cas de doutes persistants nous offrons volontiers notre aide.

Les auteurs seront reconnaissants pour toute suggestion ou tout commentaire.

Commission pour la Philatélie traditionnelle, les Entiers postaux et l’Histoire postale du Luxembourg

 

Marc Schaack

6, rue Thomas Byrne                         

L-3761 Tétange                                

Tel. : 26 17 53 87                                  

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Olivier Nosbaum

135, rue de Bettembourg

L-5811 Fentange

Tel. : 621 49 40 65

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[1] Collection Simonis. Lot isolé avec certificat BPP. Felzmann, 14. e@auction. (mailto.e@auction), 12.05.2017, lot 11304.

[2] Moens J.B. Timbres du Grand-duché de Luxembourg. Bruxelles 1879, 37.

[3] D’après la banque des cachets de la commission d’études de la FSPL, ceci est l’oblitération la plus précoce connue de cette localité.

[4] Reis J.P., Statistique historique du Grand-duché de Luxembourg. Histoire des postes, des télégraphes et des téléphones. (Luxembourg 1897) 201.

[5] En prenant pour base l’année 1886. Ne pas oublier qu’en 1886 les timbres aux Allégories étaient déjà en usage depuis quatre ans.